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Triez vos déchets, vous serez récompensé !

Par Agathe Perrier, le 10 juin 2021

Journaliste

Des cadeaux, des bons d’achat, des réductions… juste en triant ses déchets ! C’est ce que propose la start-up Terradona. Elle a développé Cliiink, un boîtier qui s’adapte à n’importe quel conteneur de tri sélectif ou poubelle. Et qui détecte les déchets déposés à l’intérieur. Une solution qui voit le tri augmenter de 20% !

 

89% des Français trieraient leurs emballages… mais seulement 51% de façon systématique, d’après les chiffres de l’Observatoire du geste de tri des Français. Pas terrible, mieux toutefois qu’en 2013 et 2017 (respectivement 44% et 48%). Cela signifie néanmoins qu’un habitant sur deux laisse de côté le tri (par manque de connaissance des consignes, de temps, de place, de conteneurs à proximité…). Pour les convaincre de changer de camp, Terradona mise sur l’incitation. « On a développé Cliiink, une application qui récompense le geste de tri. Pour chaque déchet jeté dans un conteneur, l’utilisateur gagne un point qu’il peut convertir en bons d’achat chez les commerçants locaux », explique Katia Barreiros, responsable marketing de cette start-up créée en 2013 et installée à Rousset. Pour l’instant réservé au verre, le système devrait intégrer le plastique et l’aluminium d’ici la fin de l’année. Avec à la clé, davantage de points à engranger.

 

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Le boîtier Cliiink s’adapte aux conteneurs et poubelles existants © DR
Derrière la simplicité, un flot de technologies

Cliiink fonctionne évidemment avec les conteneurs munis de son système. À savoir un simple boîtier à fixer dans les ouvertures, ce qui évite de remplacer le matériel existant. L’application se connecte ensuite au conteneur par bluetooth.

Très simple en apparence, le dispositif est en fait une petite merveille de technologie. « Il se compose de plusieurs capteurs brevetés. Cinq années de recherche et développement ont été nécessaires pour passer de l’idée à la commercialisation », souligne Katia Barreiros. Il a fallu notamment concevoir de A à Z les fameux capteurs de détection des déchets en verre. Chaque nouveau matériau – plastique, aluminium, etc – nécessite une technologie différente et donc d’autres capteurs à monter de toutes pièces. Terradona travaille pour cela avec des laboratoires publics, comme le CEA Leti (laboratoire d’électronique et de technologie de l’information basé à Grenoble). « Il fallait en plus arriver à créer un boîtier aussi intelligent qu’un Smartphone mais davantage résistant, que ce soit à la pluie, la chaleur ou la saleté », résume la responsable marketing.

 

 

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L’application permet de se connecter à un conteneur et de comptabiliser ses points, à raison de un par déchet © DR
20% d’augmentation du tri

1 650 conteneurs sont aujourd’hui équipés de la solution Cliiink sur 14 territoires. Dans les Bouches-du-Rhône, pourtant fief de la start-up, seule la communauté d’agglomération Terre de Provence, au nord d’Aix-en-Provence, l’a déjà adoptée. Bientôt rejointe par les villes de Saint-Rémy-de-Provence, Manosque (04) ou encore Orange (84). Terradona est par ailleurs en discussion avec d’autres collectivités pour renforcer sa présence sur le territoire, notamment la métropole Aix-Marseille-Provence, qui a expérimenté le dispositif pendant 18 mois entre 2016 et 2017. L’objectif est de passer à 3 700 conteneurs d’ici la fin 2021.

Là où Cliiink est déployé, le tri augmente en moyenne de 20%. Soit environ 3 tonnes de verre supplémentaires qui empruntent le chemin de la valorisation par année et par conteneur. D’après les chiffres de Citéo, entreprise spécialisée dans le recyclage, le verre est le deuxième matériau le plus recyclé en France (85%) derrière l’acier (100%).

 

Les commerçants au cœur du système

Dès qu’un territoire est équipé de ses boîtiers Cliiink, Terradona prend son bâton de pèlerin pour aller à la rencontre des commerçants. Un animateur réseau s’occupe de les démarcher pour élargir et varier le panel d’offres sur l’application. Car plus elles sont nombreuses, plus cela va donner l’envie aux habitants de se mettre au tri. « Les commerçants sont libres de choisir ce qu’ils veulent proposer. Ce peut-être 5 euros de réduction pour 50 points, 10% de remise, un produit offert… Il n’y a aucune limite », souligne Katia Barreiros.

L’application enregistre 140 000 utilisateurs – pour un total de près d’un million d’habitants sur ces 14 territoires – aux comportements divers. « Certains échangent régulièrement leurs points, d’autres les gardent en attendant un super lot. Une partie préfère faire des dons à une association plutôt que de les dépenser pour eux-mêmes », liste la responsable marketing. Avec l’élargissement à de nouveaux types de déchets, les cagnottes points des utilisateurs vont grossir plus rapidement. Les commerçants pourront de leur côté de modifier les contreparties. Mais la start-up l’assure : « Il y aura toujours des offres accessibles à tous, car notre but est que tout le monde puisse convertir ses points sans attendre des mois ».

 

 

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Terradona souhaite continuer à déployer ses boîtiers en France, mais aussi à l’étranger, notamment en Europe de l’est et du sud © DR
Cap sur l’Europe

Les boîtiers Cliiink s’adaptent à n’importe quel conteneur ou poubelle. L’ambition de Terradona est d’en équiper un maximum, dans les villes et les lieux publics, pour limiter les déchets et développer le tri. En France comme à l’étranger. L’Espagne teste déjà sa solution et bientôt peut-être d’autres pays de l’est et du sud de l’Europe.

Côté tarif, la facture totale dépend du nombre de conteneurs à équiper. Mais aussi du coût de traitement des déchets. « Par exemple, si une collectivité a un coût de transfert de 200 euros la tonne de verre, la facture annuelle se montera à 600 euros puisque nous assurons au minimum 3 tonnes supplémentaires par conteneur et par an. Le coût est ainsi amorti par les économies de traitement permises par Cliiink », expose Katia Barreiros. Quant au financement de Terradona, il repose exclusivement sur les contrats signés (d’une durée de cinq ans en moyenne). Alors, prêts à se mettre au tri ?  ♦

À quoi peut ressembler une start-up sociale ? 5

 

*RushOnGame, parrain de la rubrique « Économie », vous offre la lecture de l’article dans son intégralité *

 

Bonus 

[pour les abonnés] – Tout sur Cliiink – La région PACA mauvaise élève – Le mois du tri pour la métropole Aix-Marseille

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